Il fait à peine jour lorsqu'ils arrivent à proximité du nouveau quartier en lotissement dans ce qui est un des quartiers huppés de la ville. Les immeubles sont vastes et on y devine déjà le luxe qu'accueilleront les pièces en carré. Soudain, elle le prend par la main fermement et l'entraîne sur le chantier, elle pénètre devant lui et l'entraîne dans le labyrinthe dont pourtant elle semble connaître l'issue.Il l'arrête et la force à le regarder, elle lève la tête, il lui pose un chaste baiser sur les lèvres. Ils s'aiment depuis tellement longtemps d'un amour qui leur semblait invincible encore il y a quelques semaines. Leur amour est resté pur, il n'aurait jamais voulu souiller la femme qu'il aime et pour elle était tellement certaine qu'ils se marieraient ensemble, qu'ils ne se quitteraient pas.
Les codes sont tellement ancrés que même en cet instant terrible, seul un chaste baiser vient sceller leur pacte. Ils continuent en silence, elle devant le tenant par la main, jusqu'à l'escalier montant aux étages, s'arrêtant souvent pour se regarder avec le regard profond de ceux qui savent. Alors qu'ils atteignaient les escaliers menant à la terrasse, il l'arrêta à nouveau et la serra longuement dans ses bras, mouillant ses joues de ses larmes.
Elle le repoussa tendrement et embrassa chacun de ses yeux. Ne pleure pas, nous ne nous quitterons jamais, je te le jure mon amour. Regarde mon amour, regarde comme la ville est belle, regarde ce lever du soleil. Prends en tant que tu peux dans ton regard pour emporter avec nous notre amour et toute la beauté de notre ville. Viens, asseyons-nous un moment.
Elle posa sa tête sur son épaule et il posa sa main sur sa joue. Il restèrent comme cela immobile à regarder se lever le jour. Elle se leva alors et lui tendit les deux mains qu'il saisit avec fermeté pour la rejoindre debout. Ils s'embrassèrent longuement, s'aidant de leurs mains pour mieux garder le souvenir de leurs êtres jusqu'au bout de leurs doigts.
Tranquillement, main dans la main, yeux dans les yeux, ils ont continué à avancer vers le bord de la terrasse qu'aucune rembarde ne venait protéger. Main dans la main, ils se sont regardés encore et encore, sans l'ombre d'une hésitation. Ils ont enjambé le muret et se sont enlacés brièvement dans les airs avant de s'écraser mêlés sur le sol dur de la construction.
Tres belle histoire même si triste...
RépondreSupprimerLes amours contrariés,pour une raison ou pour une autre ,sont souvent les plus durs mais les plus beaux à relater...
La fin est si esthétiquement narrée qu'on hésite entre un envol vers la liberté ou un suicide...