Suis-je
Je ne sais pas encore si je suis, ni ce que je suis.
Je sais que j'éprouve des sensations, du bien-être et parfois des tensions. Je suis très sensible aux bruits extérieurs.
Un jour, j'ai entendu beaucoup de cris, j'avais peur, j'avais mal. Je me suis recroquevillé sur moi-même et j'ai essayé de me concentrer sur les battements de cœur de ma mère, mais les bruits prenaient le dessus. Ensuite il y a eu un grand bruit et puis un grand silence. Les battements de cœur de la femme qui me porte sont toujours aussi réguliers, je ne comprends pas parce que mon petit cœur à moi, il bat la chamade, pour la première fois, j'ai peur.
Je ne sais pas si c'est le jour ou la nuit. Les semaines sont plutôt calmes, même si celle qui me porte est très agitée, ça balance dans cette eau tiède qui me rassure malgré le mal de mer. Surtout les vendredi et samedi soirs, ça tangue beaucoup, il y a de la musique, je l'entends rire à grand éclat et souvent la soirée se termine avec un énorme poids qui m'étouffe, je ne sais plus comment me mettre et je n'arrive pas à dormir. Puis tout s'arrête. Le cœur que j'entends est toujours paisible, le mien bat la chamade, j'ai peur.
On voyage beaucoup, je suis toujours dans ma bulle et les sons me parviennent feutrés, malgré cela je perçois des cris et de la violence. Ça me crispe. Je me replie au plus profond de moi-même et j'essaie de me concentrer sur les battements de cœur de cette femme dont je suis tellement dépendant. Ils sont toujours paisibles quelle que soit la situation, rien ne semble l'émouvoir.
Je grandis et commence à percevoir autre chose que des sensations, des émotions. A l'extérieur il y a un bruit continu, finalement il me berce. Petit à petit je commence à être à l'étroit dans ma bulle bien tiède et je perçois aussi les émotions et les sentiments de gens qui entourent ma maman. Maman: j'entends souvent ce mot au travers de ma bulle. Souvent ça discute, ça n'a pas l'air agréable, j'entends aussi le mot bébé et le mot papa, mais c'est toujours avec colère, ça a l'air terrible! Je m'accroche aux battements de cœur apaisants et j'essaie de ne pas écouter tous ces bruits dissonants qui me parviennent et me font peur.
Je suis de plus en plus à l'étroit et je sens que ma maman voudrait bien que je quitte ma bulle, mais je m'accroche, je n'ai pas envie de ces cris et de cette colère.
Etre?
Je suis de plus en plus à l'étroit et je me suis entièrement retourné, au loin je vois une légère lumière, parfois j'ai envie de m'étirer et de me dégourdir les membres, alors j'entends les rires de ma mère. J'entends cette sonnerie que je reconnais depuis que je perçois les sons, généralement ma mère devient alors très volubile, elle rit, parle beaucoup mais je ne perçois pas les émotions. Maintenant j'entends cette sonnerie mais elle s'arrête et il y a un grand silence qui m'angoisse, ce silence ne ressemble à rien de ce que j'ai connu jusqu'ici, il me pèse. Je me sens seul et j'ai peur.
Ces derniers jours, je sens que je progresse vers cette lumière diffuse malgré ma résistance. Il y a souvent du monde autour de moi qui parle ou crie, oui je crois que ce sont des cris de colère, je me sens tendu lorsque j'entends ces voix, elles portent en elle une violence qui me glace.
Je ne sais pas combien de temps je serai encore bien au chaud relié aux battements de coeur réguliers de ma mère, je sens désespérement que cette chaleur qui m'entoure et me rassure ne durera plus très longtemps, je continue à progresser dans ce qui devient de plus en plus étroit, tellement étroit que j'ai du mal à percevoir cette lumière que je voyais encore les jours derniers.
Brusquement, ma mère se baisse et pousse un gémissement, je sens sa douleur jusque dans mes entrailles, j'ai mal aussi car elle me pousse inexorabement vers l'extérieur. Cela se répète de plus en plus en plus souvent et soudain, ma bulle bienfaisante et liquide se rompt et je me retrouve pour la première fois en proie à la peur et à la souffrance, j'entends ma mère souffrir et j'ai du mal à respirer, ce cordon qui me relie encore à ma mère m'apporte toutefois l'air que je tente désespérement d'avaler avec.... ma bouche?
Tout à coup je prends conscience des différents éléments qui m'entourent et me violentent, mais aussi de mes propres perceptions et je sens naître en moi une peur viscérale. celle de rester à l'intérieur où plus rien ne me protège et celle de sortir vers un inconnu dans la douleur.
J'entends ma mère crier et appeler, elle marche quelques mêtres et s'assied, j'étouffe et je pousse, maintenant c'est sur, je ne veux pas rester à l'intérieur et mourir, je veux sortir. Je sens des roulements et des cahots, j'ai le sentiment que nous avançons très vite, les soubressauts durent un moment et puis tout s'arrête. Ma mère continue de gémir ou de crier parfois, moi aussi j'ai mal chaque fois que j'essaie de progresser dans ce tunnel.
Nous sommes soulevés du sol et étendus et nous recommençons à bouger très vite, mais moins vite que précédemment, j'entends des voix rapides autour de nous, mais elles se veulent rassurantes. On nous soulève à nouveau, j'ai le visage engoufré dans un tunnel trop petit pour me permettre de respirer par moi-même, mais ce cordon m'aide encore. J'avance, ma mère crie, je pousse, je sens aussi qu'elle pousse, cela fait mal, nous ne faisons qu'un, un seul cri de douleur, ma mère crie et j'ai mal en silence.
Soudain, deux mains entourent ma tête et tirent de toutes leurs forces, je suis anéanti par cette lumière aveuglante et me rends à peine compte que je suis maintenant libéré de cette compression, je suis passé, je suis. Il fait froid, il y a trop de lumière, trop de bruit, trop de peur, je crie et mon cri se transforme en un hurlement de terreur lorsqu'une main coupe le cordon qui me gardait quelque assurance.
Je suis aveuglé par les taches blanches et je me sens saisi par des mains qui m'emmènent et me plongent dans un liquide qui me rappelle la chaleur de mon refuge mais rien n'est pareil, je sens de l'eau sur mon visage et une main m'effleure, cela va très vite. Je me retrouve enroulé dans une matière inconnue, je retrouve un peu de chaleur. On me dépose sur le ventre de celle qui m'a porté tout ce temps et je reconnais les odeurs, cela m'apaise un peu.
Je suis
Maman la vie ça fait mal...
Oui ce ventre m'apaise et je cherche spontanément un sein où m'agripper, ils sont généreux et attirants, je m'agrippe, mais ma mère ne tient pas en place, elle s'agite, elle parle sans cesse, la sonnerie que j'entendais assourdie au travers de ma bulle est maintenant stridente, tout ce bruit embrouille mes sensations et m'empêche de me concentrer sur ce sein pourtant tellement appétissant.
De temps en temps, des femmes en vert me soulèvent et m'examinent, dans un premier temps ce sont elles qui me donnent mes premiers bains, elles montrent aussi à ma maman comment faire pour me laver, pour me couper les ongles, pour me changer, mais je la sens tellement mal à l'aise et tellement précipitée que tout devient vite désagréable. En fait j'ai le sentiment d'être seul lorsque je suis avec elle. Je n'arrive pas à accrocher son regard. Elle dit souvent que je suis beau et qu'elle m'aime, mais ces mots restent en apesanteur, comme s'ils s'adressaient à un autre. Dès que je m'accroche à son sein avide de boire, je sens son corps me rejeter, ses seins regorgent pourtant de lait en abondance, mais je ne peux jamais m'arrêter suffisamment pour être rassasié.
Il y a des va et vient continus et toujours de la tension. Deux femmes surtout sont très fâchées lorsqu'elles viennent me voir, elles crient et je n'aime pas ça. Lorsqu'elles me prennent dans leurs bras je sens une tension très désagréable, je regrette ma bulle et voudrais faire demi-tour, mais cela semble impossible, tout me dérange, cette lumière, les va et vient, les bruits, les cris, les tensions, l'agitation constante de ma mère. Je pleure souvent car je suis angoissé et puis il y a aussi des sensations nouvelles et désagréables: la faim, les odeurs, le bruit, les langes trop chargés...
Au bout de trois jours, ma maman me donne du lait dans une bouteille avec quelque chose qui ressemble à son sein mais a un goût plutôt désagréable, au moins je suis rassasié et je peux alors m'assoupir plus longtemps seul dans mon petit lit. D'ailleurs, je m'habitue très vite au goût de ce faux sein et je finis par aimer ces moments de répit.
Il y a toujours cette sonnerie qui me dérange et me réveille, même si je commence à m'y habituer, j'essaie de faire abstraction et de me concentrer sur les lumières, je commence à distinguer quelques formes devant mes yeux, des clairs obscurs s'ajoutent à mon ouïe, aux odeurs et au toucher pour compléter mes sens. Le moment que je préfère est celui où je me retrouve dans un liquide qui me rappelle ma bulle, sauf qu'après j'ai froid et je me mets à pleurer.
Trois femmes et ma maman sont en train de préparer les vêtements, elles m'ont mis un bonnet, des vêtements très chauds, une couverture et puis elles m'ont déposé. Je sens qu'on bouge, elles discutent sans arrêt. J'entends un claquement de porte,un bruit de moteur et très vite les bercements m'endorment.
Lorsque je me réveille il fait horriblement froid et une odeur très désagréable et persistante me donne mal à la tête. La température monte peu à peu, on m'a placé près de la source de chaleur et je vois des lumières vives. Ça sent terriblement mauvais et il y a des voix et de la musique sans arrêt, ça finit par me donner le tournis. Heureusement que je m'endors et alors je crois me retrouver au chaud dans ce liquide qui me protègeait des bruits et des cris de l'extérieur, jusqu'au réveil où j'éprouve une série de besoins, de frustrations et de douleurs...
Je veux retourner dans ce ventre qui, même agité,m'apportait un minimum de sécurité, ici il y a trop de lumière, trop de bruit, il fait froid et ça sent mauvais. Tout le monde est énervé, le téléphone n'arrête pas de sonner, tout le monde crie et ça rentre et ça sort sans arrêt.
La rencontre
Je ne sais pas encore si je suis, ni ce que je suis.
Je sais que j'éprouve des sensations, du bien-être et parfois des tensions. Je suis très sensible aux bruits extérieurs.
Un jour, j'ai entendu beaucoup de cris, j'avais peur, j'avais mal. Je me suis recroquevillé sur moi-même et j'ai essayé de me concentrer sur les battements de cœur de ma mère, mais les bruits prenaient le dessus. Ensuite il y a eu un grand bruit et puis un grand silence. Les battements de cœur de la femme qui me porte sont toujours aussi réguliers, je ne comprends pas parce que mon petit cœur à moi, il bat la chamade, pour la première fois, j'ai peur.
Je ne sais pas si c'est le jour ou la nuit. Les semaines sont plutôt calmes, même si celle qui me porte est très agitée, ça balance dans cette eau tiède qui me rassure malgré le mal de mer. Surtout les vendredi et samedi soirs, ça tangue beaucoup, il y a de la musique, je l'entends rire à grand éclat et souvent la soirée se termine avec un énorme poids qui m'étouffe, je ne sais plus comment me mettre et je n'arrive pas à dormir. Puis tout s'arrête. Le cœur que j'entends est toujours paisible, le mien bat la chamade, j'ai peur.
On voyage beaucoup, je suis toujours dans ma bulle et les sons me parviennent feutrés, malgré cela je perçois des cris et de la violence. Ça me crispe. Je me replie au plus profond de moi-même et j'essaie de me concentrer sur les battements de cœur de cette femme dont je suis tellement dépendant. Ils sont toujours paisibles quelle que soit la situation, rien ne semble l'émouvoir.
Je grandis et commence à percevoir autre chose que des sensations, des émotions. A l'extérieur il y a un bruit continu, finalement il me berce. Petit à petit je commence à être à l'étroit dans ma bulle bien tiède et je perçois aussi les émotions et les sentiments de gens qui entourent ma maman. Maman: j'entends souvent ce mot au travers de ma bulle. Souvent ça discute, ça n'a pas l'air agréable, j'entends aussi le mot bébé et le mot papa, mais c'est toujours avec colère, ça a l'air terrible! Je m'accroche aux battements de cœur apaisants et j'essaie de ne pas écouter tous ces bruits dissonants qui me parviennent et me font peur.
Je suis de plus en plus à l'étroit et je sens que ma maman voudrait bien que je quitte ma bulle, mais je m'accroche, je n'ai pas envie de ces cris et de cette colère.
Etre?
Je suis de plus en plus à l'étroit et je me suis entièrement retourné, au loin je vois une légère lumière, parfois j'ai envie de m'étirer et de me dégourdir les membres, alors j'entends les rires de ma mère. J'entends cette sonnerie que je reconnais depuis que je perçois les sons, généralement ma mère devient alors très volubile, elle rit, parle beaucoup mais je ne perçois pas les émotions. Maintenant j'entends cette sonnerie mais elle s'arrête et il y a un grand silence qui m'angoisse, ce silence ne ressemble à rien de ce que j'ai connu jusqu'ici, il me pèse. Je me sens seul et j'ai peur.
Ces derniers jours, je sens que je progresse vers cette lumière diffuse malgré ma résistance. Il y a souvent du monde autour de moi qui parle ou crie, oui je crois que ce sont des cris de colère, je me sens tendu lorsque j'entends ces voix, elles portent en elle une violence qui me glace.
Je ne sais pas combien de temps je serai encore bien au chaud relié aux battements de coeur réguliers de ma mère, je sens désespérement que cette chaleur qui m'entoure et me rassure ne durera plus très longtemps, je continue à progresser dans ce qui devient de plus en plus étroit, tellement étroit que j'ai du mal à percevoir cette lumière que je voyais encore les jours derniers.
Brusquement, ma mère se baisse et pousse un gémissement, je sens sa douleur jusque dans mes entrailles, j'ai mal aussi car elle me pousse inexorabement vers l'extérieur. Cela se répète de plus en plus en plus souvent et soudain, ma bulle bienfaisante et liquide se rompt et je me retrouve pour la première fois en proie à la peur et à la souffrance, j'entends ma mère souffrir et j'ai du mal à respirer, ce cordon qui me relie encore à ma mère m'apporte toutefois l'air que je tente désespérement d'avaler avec.... ma bouche?
Tout à coup je prends conscience des différents éléments qui m'entourent et me violentent, mais aussi de mes propres perceptions et je sens naître en moi une peur viscérale. celle de rester à l'intérieur où plus rien ne me protège et celle de sortir vers un inconnu dans la douleur.
J'entends ma mère crier et appeler, elle marche quelques mêtres et s'assied, j'étouffe et je pousse, maintenant c'est sur, je ne veux pas rester à l'intérieur et mourir, je veux sortir. Je sens des roulements et des cahots, j'ai le sentiment que nous avançons très vite, les soubressauts durent un moment et puis tout s'arrête. Ma mère continue de gémir ou de crier parfois, moi aussi j'ai mal chaque fois que j'essaie de progresser dans ce tunnel.
Nous sommes soulevés du sol et étendus et nous recommençons à bouger très vite, mais moins vite que précédemment, j'entends des voix rapides autour de nous, mais elles se veulent rassurantes. On nous soulève à nouveau, j'ai le visage engoufré dans un tunnel trop petit pour me permettre de respirer par moi-même, mais ce cordon m'aide encore. J'avance, ma mère crie, je pousse, je sens aussi qu'elle pousse, cela fait mal, nous ne faisons qu'un, un seul cri de douleur, ma mère crie et j'ai mal en silence.
Soudain, deux mains entourent ma tête et tirent de toutes leurs forces, je suis anéanti par cette lumière aveuglante et me rends à peine compte que je suis maintenant libéré de cette compression, je suis passé, je suis. Il fait froid, il y a trop de lumière, trop de bruit, trop de peur, je crie et mon cri se transforme en un hurlement de terreur lorsqu'une main coupe le cordon qui me gardait quelque assurance.
Je suis aveuglé par les taches blanches et je me sens saisi par des mains qui m'emmènent et me plongent dans un liquide qui me rappelle la chaleur de mon refuge mais rien n'est pareil, je sens de l'eau sur mon visage et une main m'effleure, cela va très vite. Je me retrouve enroulé dans une matière inconnue, je retrouve un peu de chaleur. On me dépose sur le ventre de celle qui m'a porté tout ce temps et je reconnais les odeurs, cela m'apaise un peu.
Je suis
Maman la vie ça fait mal...
Oui ce ventre m'apaise et je cherche spontanément un sein où m'agripper, ils sont généreux et attirants, je m'agrippe, mais ma mère ne tient pas en place, elle s'agite, elle parle sans cesse, la sonnerie que j'entendais assourdie au travers de ma bulle est maintenant stridente, tout ce bruit embrouille mes sensations et m'empêche de me concentrer sur ce sein pourtant tellement appétissant.
De temps en temps, des femmes en vert me soulèvent et m'examinent, dans un premier temps ce sont elles qui me donnent mes premiers bains, elles montrent aussi à ma maman comment faire pour me laver, pour me couper les ongles, pour me changer, mais je la sens tellement mal à l'aise et tellement précipitée que tout devient vite désagréable. En fait j'ai le sentiment d'être seul lorsque je suis avec elle. Je n'arrive pas à accrocher son regard. Elle dit souvent que je suis beau et qu'elle m'aime, mais ces mots restent en apesanteur, comme s'ils s'adressaient à un autre. Dès que je m'accroche à son sein avide de boire, je sens son corps me rejeter, ses seins regorgent pourtant de lait en abondance, mais je ne peux jamais m'arrêter suffisamment pour être rassasié.
Il y a des va et vient continus et toujours de la tension. Deux femmes surtout sont très fâchées lorsqu'elles viennent me voir, elles crient et je n'aime pas ça. Lorsqu'elles me prennent dans leurs bras je sens une tension très désagréable, je regrette ma bulle et voudrais faire demi-tour, mais cela semble impossible, tout me dérange, cette lumière, les va et vient, les bruits, les cris, les tensions, l'agitation constante de ma mère. Je pleure souvent car je suis angoissé et puis il y a aussi des sensations nouvelles et désagréables: la faim, les odeurs, le bruit, les langes trop chargés...
Au bout de trois jours, ma maman me donne du lait dans une bouteille avec quelque chose qui ressemble à son sein mais a un goût plutôt désagréable, au moins je suis rassasié et je peux alors m'assoupir plus longtemps seul dans mon petit lit. D'ailleurs, je m'habitue très vite au goût de ce faux sein et je finis par aimer ces moments de répit.
Il y a toujours cette sonnerie qui me dérange et me réveille, même si je commence à m'y habituer, j'essaie de faire abstraction et de me concentrer sur les lumières, je commence à distinguer quelques formes devant mes yeux, des clairs obscurs s'ajoutent à mon ouïe, aux odeurs et au toucher pour compléter mes sens. Le moment que je préfère est celui où je me retrouve dans un liquide qui me rappelle ma bulle, sauf qu'après j'ai froid et je me mets à pleurer.
Trois femmes et ma maman sont en train de préparer les vêtements, elles m'ont mis un bonnet, des vêtements très chauds, une couverture et puis elles m'ont déposé. Je sens qu'on bouge, elles discutent sans arrêt. J'entends un claquement de porte,un bruit de moteur et très vite les bercements m'endorment.
Lorsque je me réveille il fait horriblement froid et une odeur très désagréable et persistante me donne mal à la tête. La température monte peu à peu, on m'a placé près de la source de chaleur et je vois des lumières vives. Ça sent terriblement mauvais et il y a des voix et de la musique sans arrêt, ça finit par me donner le tournis. Heureusement que je m'endors et alors je crois me retrouver au chaud dans ce liquide qui me protègeait des bruits et des cris de l'extérieur, jusqu'au réveil où j'éprouve une série de besoins, de frustrations et de douleurs...
Je veux retourner dans ce ventre qui, même agité,m'apportait un minimum de sécurité, ici il y a trop de lumière, trop de bruit, il fait froid et ça sent mauvais. Tout le monde est énervé, le téléphone n'arrête pas de sonner, tout le monde crie et ça rentre et ça sort sans arrêt.
La rencontre



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