Jeter de l'encre sur papier pour exsuder la rage de
l’impuissance.
Raconter pour survivre, laisser des traces comme un chemin
tortueux sur lequel il trouvera des clés pour renforcer son identité
lorsque les questions surgiront.
Imaginer l’enfer au quotidien sans crier
gare, imaginer l'inimaginable et finir dans un combat absurde contre les
institutions appelées pourtant à l'aide, imaginer cet épuisement inutile et
pourtant indispensable qui vous prive de l’essentiel.
Aspirer simplement à respirer, à vous poser quelque part et
à vous projeter dans un demain comme dans un luxe voluptueux auquel nous n’avons
plus gouté depuis longtemps.
Imaginer un jour de paix comme un autre et pour seule
vengeance le sourire d’un enfant qui efface toutes vos peines.
Entre idéal et réalité, il y a une marge qui ne m’aurait
même pas effleurée si elle ne m'avait éclaté au visage.
Les enfants devraient tous être conçus au sein
de familles qui s’aiment, choyés par tous dès leur naissance, accompagnés par
tous jusqu’à leur autonomie.
Dans la vraie vie, c’est plus compliqué.
Dans la vraie vie, parfois, des enfants
naissent alors que les parents ne s’aiment plus depuis longtemps. Parfois même après la séparation.
Dans la vraie vie, il faut penser à réparer
les blessures avant même que l’enfant ne soit venu au monde.
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